Histoire du vin en Corrèze

Histoire du vin en Corrèze

« Allassac produit le meilleur vin du Bas-Limousin, capiteux et chaud sur l’estomac… »

Extrait du calendrier ecclésiastique et civil du Limousin de 1762 dans « La Corrèze à vol d’oiseau et en zig-zag »,
Yvon Chalard, Simon Louradour, Léon Dautrement, 1989
  • 500

    Une civilisation de la vigne

    • Dès l'Antiquité la Corrèze est une terre de vignobles, exploités à l'époque gallo-romaine. Au Moyen Age, le vignoble de la région limousine est une réalité. Le vin est une boisson nécessaire pour la liturgie chrétienne, mais aussi pour les repas du quotidien. Le vin fait alors partie de la base alimentaire des Limousins. Dès le VIe siècle, le texte du testament d’Aredius (ou saint Yrieix, fondateur d’églises et fervent pèlerin) [lien vers page GRANDS HOMMES] mentionne déjà les domaines du Bassin de Brive. Au pied des premiers contreforts du massif central, ces vignobles cultivés sur des coteaux abrupts sont de grands crus : les vins de Vertougit, Sajueix à Voutezac, Allassac, Vignols… ont déjà leur renommée.
  • 1700

    Le vin au quotidien

    • Cultivée d’abord par les ecclésiastiques, la vigne devient essentielle aux habitants. Si les évêques de Limoges et les communautés religieuses ont leurs vignobles, les principaux domaines sont détenus par des seigneurs laïcs. Et les bourgeois possèdent également leurs vignes près des villes. Nos ancêtres n’hésitent pas à investir et à consacrer d'importantes sommes pour acheter du vin mais aussi pour sa production, avec le matériel nécessaire à son élaboration et à sa conservation.
  • 1840

    L'âge d'or

    • La vigne en Corrèze connaît un âge d’or au XIXe siècle : le vignoble corrézien atteint 16 735 hectares en 1840, soit plus que le vignoble actuel d’Alsace (15 500 hectares) ! La vigne assure alors le revenu principal des fermiers de Corrèze : elle façonne le paysage (certains coteaux sont aménagés en terrasse), l’organisation de villages entiers (le Saillant ou Vertougit), l’architecture des maisons des négociants et des vignerons (avec pressoir, cuves et futailles au rez-de-chaussée). Dans les vignobles se multiplient les cabanes de vigne, petites maisonnettes au toit d’ardoise, où s’entreposent les outils. Voutezac en compte encore plus d’une centaine aujourd’hui.
  • 1876

    La crise du Phylloxéra

    • A partir de 1876, le phylloxéra s’abat sur la Corrèze : la maladie décime les vignes et provoque une crise économique et sociale terrible. Ravagé, le vignoble disparaît au profit d’industries de substitution : les cultures maraîchères, la pomme, l’élevage… devenus plus rentables avec l’apparition du chemin de fer Brive-Paris.
  • 1900

    La renaissance

    • La tradition vigneronne en Corrèze a toujours subsisté, mais à petite échelle : qui ne connaît pas un ancien, un voisin gardant quelques pieds de vigne, pour la fierté de faire son propre vin ? Ce passé ne pouvait être oublié. Nous posons sur notre héritage un œil neuf, avec la volonté de renouveler un savoir-faire viticole porté par ces siècles d’histoire.